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APR par IFT122 (Chien finnois de Laponie / Chien de berger lapon)
Oculaire · Chien
Forme d'atrophie progressive de la rétine (APR) à début tardif due à une variante du gène IFT122, qui code une protéine du complexe de transport intraflagellaire IFT-A, essentielle au maintien du cil connecteur et à la fonction des photorécepteurs. Elle a été décrite initialement chez le Chien de berger lapon (Lapponian herder) puis la même variante a été identifiée chez le Chien finnois de Laponie (Finnish Lapphund), race apparentée, avec une fréquence de porteurs d'environ 12 %. La causalité chez le Finnish Lapphund est encore en cours d'élucidation, de sorte que l'interprétation du test dans cette race demande de la prudence.
Incidence
Races atteintes : Chien de berger lapon (Lapponian herder) et Chien finnois de Laponie (Finnish Lapphund). Chez le Finnish Lapphund, la fréquence de porteurs de la variante IFT122 était de 12 % (68/577). Chez le Chien de berger lapon, aucune grande série avec une fréquence allélique fiable n'a été publiée ; considérer « données limitées ». La variante n'a pas été trouvée dans les autres races analysées.
Signes cliniques
- Cécité nocturne initiale (nyctalopie), avec altérations de la réflectivité du tapis sur l'ophtalmoscopie\n- Rétrécissement progressif des vaisseaux rétiniens (signe de diminution du flux sanguin rétinien)\n- Atrophie rétinienne diffuse et progressive, avec perte de la vision périphérique et, finalement, cécité complète\n- Âge moyen au diagnostic clinique chez le Chien de berger lapon : ~9 ans\n- Aucun signe systémique associé n'est décrit (la fonction d'IFT122 semble limitée au cil connecteur dans ce modèle)
Histoire
Le Chien de berger lapon (Lapponian herder) souffre de plusieurs formes de dystrophie rétinienne héréditaire, dont certaines s'expliquent par des variantes de PRCD (APR généralisée) et BEST1 (rétinopathie multifocale canine 3, cmr3). Kaukonen et ses collaborateurs ont étudié en 2021 une série de 10 Chiens de berger lapons atteints d'APR et exempts des variantes connues de PRCD et BEST1. Une GWAS portant sur 10 cas et 34 témoins a cartographié un locus sur le chromosome 20 et le reséquençage complet du génome d'un chien atteint a révélé une variante faux-sens homozygote dans IFT122 : c.3176G>A (p.Arg1059His), touchant un résidu hautement conservé. La variante ségrégeait parfaitement avec la maladie et les analyses in silico la prédisent comme délétère. L'âge moyen au diagnostic dans la race était de 9 ans, avec une cécité nocturne initiale et une progression vers une atrophie rétinienne généralisée. La même variante a été détectée chez le Chien finnois de Laponie (Finnish Lapphund), avec 68 porteurs et 1 homozygote sur 577 chiens analysés (fréquence de porteurs de 12 %) ; toutefois, le seul homozygote identifié était cliniquement sain à 5 ans, sans suivi ultérieur, et tous les Finnish Lapphunds atteints d'APR et exempts de PRCD étaient sauvages pour IFT122, ce qui suggère qu'il existe une autre cause génétique d'APR dans cette race. Par conséquent, la causalité clinique de la variante chez le Finnish Lapphund reste à confirmer.
Conseils d'élevage
- Tester les reproducteurs de Chien de berger lapon et de Chien finnois de Laponie avec le test IFT122 c.3176G>A avant la saillie\n- Chez le Chien de berger lapon, où la causalité est mieux établie, ne pas accoupler deux porteurs : risque de 25 % d'homozygotes potentiellement atteints\n- Chez le Chien finnois de Laponie, gérer le résultat avec prudence : éviter l'accouplement de deux porteurs par précaution, mais rappeler que la causalité clinique dans la race n'est pas confirmée et qu'un homozygote ne développera pas nécessairement une APR\n- Un porteur peut être accouplé à un indemne ; la descendance destinée à l'élevage doit être testée et l'indemne choisi de préférence, en remplaçant progressivement le porteur sans réduire le pool génique\n- Compléter le test génétique par un examen ophtalmologique annuel des reproducteurs : un résultat IFT122 négatif n'exclut pas d'autres formes d'APR dans la race (PRCD, BEST1, et des formes encore à caractériser)\n- En cas d'APR chez un Finnish Lapphund sans variante PRCD, ne pas l'attribuer automatiquement à IFT122 : envisager l'existence d'autres causes génétiques à identifier
Notes du spécialiste
Diagnostic différentiel avec d'autres formes d'APR décrites chez le Chien de berger lapon et le Finnish Lapphund (PRCD, cmr3 par BEST1) et avec des APR de causes non génétiques (uvéite chronique, glaucome, toxiques, carence nutritionnelle en vitamine E). L'ERG montre une atteinte précoce des bâtonnets (cécité nocturne initiale). Chez le Finnish Lapphund, l'interprétation du test IFT122 doit être prudente : informer le propriétaire qu'un homozygote ne développera pas nécessairement une APR et que la relation génotype-phénotype dans la race est à l'étude. L'identification d'IFT122 comme nouveau gène de rétinite pigmentaire présente un intérêt translationnel, car elle ouvre la voie à l'étude d'IFT122 chez des patients humains atteints de RP de cause moléculaire non élucidée.
Références
1. Kaukonen M, Pettinen IT, Wickström K, Arumilli M, Donner J, Juhola IJ, Holopainen S, Turunen JA, Yoshihara M, Kere J, Lohi H (2021) A missense variant in IFT122 associated with a canine model of retinitis pigmentosa. Hum Genet 140:1569-1579. PMID: 33606121
2. OMIA:002320-9615. Retinal atrophy, progressive, IFT122-related in Canis lupus familiaris. https://omia.org/OMIA002320/9615/
2. OMIA:002320-9615. Retinal atrophy, progressive, IFT122-related in Canis lupus familiaris. https://omia.org/OMIA002320/9615/
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